Mes écrits

Etre avec...

Carl Gustav Jung affirmait que "Tout ce qui ne parvient pas à la conscience revient sous forme de destin...".

La répétition amoureuse "échec en échec" n'est autre qu'un passage obligatoire afin de réunifier en soi, l'insufisance à clarifier, son histoire. C'est par des voies détournées, que ces visites répétées, dans une course effrenée, ne cesse d'être réitérées.


 

 

Dans une trajectoire de vie jalonnée de manques, de peines, souffrances psychiques et souffranes physiques restent intimement liées. La souffrance nous emprisonne dans un schéma de pensée qui affecte sans relâche notre mode de survie "pulsion, agression, douleur, angoisse, anxiété, dépression..." provoquant indignation, rébellion et adhésion d'un monde dans son imperfection. Elle nous affaiblit jusqu'à nous soumettre à son bon vouloir, une addiction jubilatoire qui au sein d'expériences va se voir emprunter une voie autre pour s'identifier et extraire d'une façon redoutable ce qui nous échappe "masse émotionnelle...". Parfois même, elle nous renforce et s'efforce de nous atteler à nous diriger vers des sentiers boueux pour peu qu'on lui reste fidèle. Elle est intacte dans un moment de doute que l'on redoute et agit avec tact et mépris jouissant de son bon plaisir faisant de nous le jouet de son subtil désir.

On lui accorde de l'importance en la laissant se poser et s'imposer car elle diffuse de son écrin un parfum sans lendemain qui génère une crise d'identité...

 

Les parts d'ombres enfouies en nous, ignorées, refoulées, dénigrées, oeuvrent en silence. Cette partie cachée tant la portée s'en trouve être chargée, énergie de l'iceberg "archaïque-un héritage-une vérité-une dette..." provoque une cacophonie de sentiments ambivalents dans une relation "un dysfonctionnement" garantissant le maintien des douleurs en nous séparant de l'amour.

Cette charge émotionnelle qui obscurcit, dépeint et déforme, constitue une part de vérité et s'attribue ce droit à compromettre la réalité. Vérité qui se trouve être handicapée par ces couches superposées, notre histoire, nos innombrables peurs, nos douleurs refoulées, nos illusions mais également l'attente, le désespoir d'être aimé et son contraire la peur de ne pas être aimé, quel cafouillage dans ce langage intérieur...

 

L'amour est un don, l'amour est pardon et ce n'est pas sans savoir que de pouvoir vouloir y croire car le déni de la douleur en soi dévie ce reflet afin de renforcer dans sa transparence cette lutte de se conforter derrière la digue de son ego. Dans cet état d'esprit, s'approcher de l'amour dans une relation devient à la fois délicieuse, dangereuse et donc incroyablement fragile. On retrouve une forme de violence insidieuse, destructrice, garantissant le maintien des douleurs. Les mots, les faits ne traduisent pas vraiment ce qui se déroule.

Notre perception émotionnelle s'entremêle et génère une grande confusion, erreur de pensée, de jugement tournant à une fatalité, projection sur Autrui de nos dilemmes non réglés. Nous nous adressons à l'Autre dans une atmosphère où quiproquos se rejoignent "de part et d'autre" et laisse entrevoir cet entrepôt qui démantèle notre vision sur la réalité.

Dans une relation nous calquons une image afin que le partage soit conforme à nos désirs, nos souvenirs "rappel narcissique" être confirmé dans le regard de l'autre. Toutefois cette image peut éveiller en soi de douloureux, voir périlleux sentiments mettant en danger la relation. Autrement dit, la négation dans ce rapport à deux, amoureux "conflictuel-répétitif" dans une discordance entre l'autre et l'autre en soi.

Ce n'est qu'en retournant sur nos pas, en ayant recours à la parole lorsque les mots s'imposent, en regardant à l'intérieur de soi, en découvrant ces pièces condamnés, ce dépôt, cet entrepôt désordonné, en acceptant une vérité qui constitue le socle de notre identité que nous pouvons oser, poser un tout autre regard sur notre mémoire.

 

Rebondir c'est se définir... C'est accepter de franchir ce handicap dans sa globalité, c'est neutraliser ces énergies qui tergiversent et remanient ce "je" à son insu pour l'inciter à reproduire, à répéter...C'est découvrir sous un éclairage différent le vivant dans l'instant, la puissance de ces noeuds toxiques qui dirigent notre vie et constitue le pilier fondamental de ces dites relations répétitives...C'est se dépouiller de ce qui ne se doit pas, s'accorder un moment de compassion afin de rencontrer ce qui se doit.

En étant "Nous" dans l'instant ce "je" pénétrant fait apparaître un sens nouveau de la responsabilité de notre vie et celle d'autrui.

C'est donc dans la connaissance de ces manifestations comportementales diverses et variées que nous reprenons contact à des ressources inexplorées, des réserves méconnues de soi pour accéder à la rencontre de l'Autre en savourant l'authentique "une véritable liberté dans une création improvisée (A Deux...)".

 

 

 

 

Faire un premier pas, dans un premier temps, c'est entrer dans l'humilité des pensées du moment...

C'est parvenir à se détacher de ce "je" fragilisé, désemparé...

C'est gagner vers un mieux, un mieux être de cette capacité à Etre entre Soi et le Monde...

C'est dépasser l'appréhension d'être jugé dans un cheminement à deux teinté d'exploration par qui écoute...

C'est l'espoir d'entrevoir une ouverture plus grande de ces maux qui interfèrent dans un partage.

Maux qui avec ou sans manifestation véhiculent l'Etre dans son entier...

Maux mettant en danger ce "je" qui le relie à l'existence en ne cessant de réitérer la tentation de se laisser gouverner par l'insaisissable, l'inaccessible...

 

 

 

 

"Il existe aussi des fruits cachés qui sont les véritables,

les plus raffinés et acquièrent tôt ou tard un développement magnifique..."

 

J.W.  GOETHE

17-11-2013

Retour aux articles d'Elisabeth