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SAVOIR RECONNAITRE et ACCOMPAGNER LA SOUFFRANCE

La souffrance est une redéfinition négative de l'existence en terme d'incohérence...

 

L'existence humaine n'est pas ciselée dans la calme évidence. L'imprévu l'emporte parfois au-delà des apparences. Si nous manquons de prise sur le monde, nous serons sous l'emprise immonde d'un lendemain sans fin fait de résistance et d'impuissance "corps et esprit se rejoignent". L'homme pris dans cette spirale infernale accepte de se laisser gouverner par le poids de ses tourments, ses mécanismes de défense destructifs qui ne cesseront de croître.

La souffrance est un brouillage du sentiment d'identité. Elle se pare de l'Etre tout entier pour n'en faire qu'un objet. Objet de son bon plaisir, empiétant sur son droit de se définir, elle entretient car vivace et coriace, un lien de destruction sans limite entre le dehors et le dedans. Elle est rarement nommable "voir diffuse-confuse-incompréhension" si ce n'est provenant d'un fait traumatique "viol-inceste-perte-séparation...".

L'homme affronte des situations qui affectent et restreignent sa marche de manoeuvre dans le monde. L'agir n'est pas dans cette dynamique d'accomplir en toute véracité son réel potentiel de développement mais de tenter de devenir ce qu'il est et le rend étranger à lui-même.

Quand la souffrance submerge "emprisonnement de l'ego qui ne fait que confirmer cette dualité" l'indifférence provoque l'exposition à un danger. La douleur aussi puissante soit-elle, combattue car récente ou refoulée maintient l'homme dans son repli tant l'insignifiance de celle-ci faussera l'unité de celui-ci. Toute fois, le corps se verra être le tributaire et dépositaire de ce dysfonctionnement intérieur.

Relever ce défi, en s'accordant cette pause qui permet d'entrevoir la cause de ces turbulences, c'est reconnaître cette part de soi reniée par le poids du passé, par l'ampleur des douleurs, c'est agir en fonction d'un tout.

L'errance est une blessure du temps et l'Ecoute est un temps d'arrêt à la durée. Errer avec ses douleurs, c'est renforcer ses peurs, ses émotions négatives envers soi-même, envers l'autre, envers la Vie.

On ne peut changer son histoire mais on peut en changer le sens. Dans la traversée de la souffrance, l'évoqué affirme avec puissance qu'il est digne d'exister en assumant ce passage initiatique qui implique de désarmorcer la charge nocive.

Combattre la souffrance sur son terrain afin de l'irradier de son quotidien...

Retrouver force et ténacité, courage à se battre contre l'adversité, estime de soi à regagner...

 

 

 

 

"L'éveil, c'est simplement réaliser qu'il n'y a pas d'individu séparé..."

Lisa CAIRNS

16-04-2012

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